Fight Club - Chuck Palahniuk

Publié le par Mivava

Quatrième de couverture :

51YFZ263QVL._SL500_AA300_-copie-1.jpgLaisse-moi te parler de Tyler. Tyler dit : les choses que tu possèdes finissent toujours par te posséder. C'est seulement après avoir tout perdu que tu es libre de faire ce dont tu as envie. Le Fight Club t'offre cette liberté. Première règle du Fight Club : Tu ne parles pas du Fight Club. Deuxième règle du Fight Club : Tu ne parles bas du Fight Club. Tyler dit que chercher à s'améliorer, c'est rien que de la branlette. Tyler dit que l'autodestruction est sans doute la réponse. Métaphore acide et jubilatoire d'un monde au bord du chaos, perdu faute de révolution.


Mon avis :

Après avoir vu le Millenium de Fincher et totalement complètement adoré je me suis dit que j’étais maintenant obligée de voir Fight Club. C’est quand même cultissime, ça m’attire énormément et je ne pourrais jamais attendre le prochain volet de Millenium pour revoir Fincher à l’œuvre. Du coup, logique, j’ai voulu lire le roman avant, d’autant plus que Palahniuk était un auteur que je voulais découvrir.

Aussitôt acheté, aussitôt lu et pourtant il m’a fallu des semaines et des semaines pour tourner la dernière page. Ma première pensée en refermant le roman a été : je n’ai strictement rien pigé. Bon bien sûr c’est exagéré mais je ne sais pas si je l’ai lu dans de mauvaises conditions (oui les transports en commun n’offrent pas une possibilité de concentration maximale quand même) si le livre est confus ou si c’est moi qui suis carrément stupide. Les trois sont envisageables, c’est peut-être d’ailleurs les trois à la fois. Bon toujours est-il que je suis encore dans un flou total, d’où la raison de : ça fait à peu près deux mois qu’il me reste trois pages à lire et que je ne sais absolument pas comment je vais me dépatouiller à faire mon avis. Tout d’abord, je compte totalement voir le film et ensuite relire le livre car je me dis que je comprendrais bien mieux avec une relecture qui alliera des scènes visuelles.

Pour autant, je n’ai pas détesté loin de là. Je me sens juste un peu idiote. Je serais bien incapable de vous résumer l’histoire évidemment, à compter qu’il y en ait vraiment une. Le roman présente une sorte de philosophie aux accents nihilistes mêlée à un soupçon d’anarchisme …Rien n’a d’importance et surtout pas la vie. Tout est illusoire … (J’écris vraiment à tâtons car j’ai peur décrire quelque chose de totalement absurde ou contradictoire avec le livre … Traumatisée la blogueuse.) On a donc notre narrateur qui est un peu ce qu’on pourrait appeler un paumé de la vie. Victime de l’open-space, son travail l’ennui profondément et il se retrouve victime de la société totalement absurde dans laquelle nous vivons, sans plus vraiment de goût à rien. C’est donc une sorte de dénonciation de cette société au bord de l’implosion dans laquelle il n’y a plus d’individus … seulement des masses. En cela, évidemment, j’ai adoré et c’est pour ça que j’ai une réelle envie de comprendre !

On ne peut pas dire que les personnages soient réellement attachants, on reste relativement à distance d’eux. Malgré tout, je me suis quand même rattaché au narrateur même s’il m’a plusieurs fois tapé sur les nerfs par la passivité qui se dégage de lui dans certains passages. Autrement, les personnages de Tyler Durden et Marla sont, je trouve, très inaccessibles. A la fois, cela renforce leur côté insaisissable et accentue le flou dans lequel tout évolue. C’est souvent en sous-entendu mis à part pour le détail des combats alors je nageais un peu dans un univers qui parait à la fois si réaliste et si … déconnecté. Et cette impression de flou (je garde ce terme parce qu’il est très approprié) est vraiment rattachable à ce que peut ressentir l’individu face à cette société dont je parlais plus haut.

L’écriture est bien loin de quelconques fioritures, c’est direct et brut ! Cela convient parfaitement et il n’en aurait pas pu être autrement pour un roman tel que celui-ci. La construction psychologique des personnages est franchement intéressante. Notre narrateur plonge peu à peu dans une espèce de folie qui entraîne le réel à la si mince frontière d’où l’on distingue absolument plus le vrai de ce qui ne l’est pas. Ils sont admirablement bien inscrits dans le roman, leur présence semble réellement « naturelle ». La scène de la rencontre avec Tyler m’a franchement marqué ! Il y a une telle puissance symbolique … cette recherche de la perfection et le réalisme presque fataliste qui s’ensuit … Cette scène qui aurait surement été comme toutes les autres pour certains m’a totalement enthousiasmé ! Je suis bien impatiente de voir comment Fincher l’a retraduite dans le film. Fight Club est donc une sorte d’O.V.N.I, plutôt complexe et dont la lecture entre les lignes doit relever un millier de petites richesses et symboles cachés.

En conclusion,  un avis en demi-teinte puisque je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé. Cependant j’aurais aussi du mal à vous raconter que j’ai adoré puisque j’ai l’impression d’avoir raté tellement de choses … Je compte donc sur l’adaptation et une relecture pour éclairer quelque peu ma lanterne et j’espère que, en comprenant profondément le message de l’auteur, je réussirais à retrouver la magie de la scène de la rencontre dans tout le reste du roman.

Publié dans Inclassables

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Dreamin-inACasket 01/07/2012 13:05


Ahh Fight Club je l'avais beaucoup aimé, malheureusement ça fait longtemps que je l'ai lu, j'aurai donc du mal à t'expliquer ce qui t'as semblé flou, c'était il y a tellement longtemps xD mais je
suis très d'accord pour dire qu'il y a pas mal de trucs étranges voire incompréhensibles, après je pense que le fait de le lire dans des conditions médiocres de transport commun a du jouer pour
toi, je pense que c'est un bouquin qu'il faut lire au calme et pas par petits bouts pour se laisser immerger ( ... fin moi j'avais lu ça lors de vacances perdues chez ma grand-mère donc bon ...
xD) Le film est bien mais le livre était plus fort quand même, mais bon vu que t'as pas très bien plongé dans le livre t'as raison ça peut être bien de le voir ^^

Mivava 01/07/2012 13:38



Haha oui les transports m'ont été fatals sur ce coup là je crois ... je n'ai toujours pas vu le film, il va falloir  mais bon avec un peu de chance ça va éclairer un peu ma lanterne et je relirais le livre au calme, je pense que ça devrait mieux
passer  Par contre tu es une des rares personnes à me dire avoir préféré le livre, comme le film est
totalement culte pour certains 



Melody 17/05/2012 20:14


C'est ton avis que je présume aiguisé, sinon tu ne tiendrais pas une telle rubrique, non?
Au passage, la scène de la main y est, évidemment! Et il y a aussi, sans doute pour rajouter au  flou de la situation, des images "subliminales" qui te permettront de jouer avec ta
télécommande quand tu auras l'impression d'un flash à l'écran, pour truover ce qu'ils ont bien pu mettre pour qu'on le voit sans le voir. Mise en abysme sympathique... :)

Mivava 17/05/2012 21:44



Disons que tout est très personnel, je ne m'estime rien du tout 
Ah ! Impatiente de la voir ! Oui j'ai lu des trucs qui parlaient des images planquées, je sens que les touches pause et remise en arrière vont chauffer



Melody 16/05/2012 15:05


Ce film est une merveille! Et pourtant, même si tu es beaucoup plus "guidé" que dans le livre, il faut le voir au moins 2 fois pour le comprendre bien... (personnellement, j'en suis à 18).
Je pense que le "lissage" de certains passages est bénéfique, parce que l'on ne reçoit pas de la même façon les événements dans un texte écrit et dans des images projetées à notre figure, et
qu'il ne faut pas trop traumatiser les gens devant le petit écran pour qu'ils soient à même de rechercher la beauté et le sens derrière le sang et la derstruction.
Il n'empêche que ton avis de lectrice aiguisé découvrant le film après le récit de Palahniuk sera fort intéressant!
Viendra-t-il?

Mivava 16/05/2012 19:25



J'ai eu pleins de retours positifs oui ! Je suis bien curieuse de voir comment ce flou qu'on ressent à la lecture du livre est retranscrit dans le film ... (Haha c'est ton film culte ?)
Tout à fait d'accord avec toi ! La lecture offre la possibilité de "bloquer" les images qui nous viennent à l'esprit tandis que devant un film ...  
Oh lectrice aiguisée je ne dirais pas ça   Il viendra oui ! Rapidement je ne sais pas parce que je ne suis pas
encore en vacances mais il viendra ! Ca me tient à coeur et puis je pense que je ferais un article commun pour le film et ma deuxième lecture, je me dis que ça peut être
intéressant 



Utopiste 05/04/2012 21:14


Non, l'adaptation cinématographique est tout de même loin d'être "gentilette" elle est juste moins "glauque"



Si Fincher avait retranscrit la véritable atmosphère du livre, je ne pense pas que le film aurait eut le même succès. Il fait bien passer le message de chaos, d'autodestruction, de
non-conformisme. Sans rentrer dans les détails sordides du roman. Personnellement Fight Club, a toujours été mon film préférer, donc je ne peux que te conseiller de le visionner. Maintenant je
sais qu'il ne plait pas à tout le monde ^^

Mivava 16/05/2012 19:21



Navrée pour le temps de réponse ! Il fait parti de ma liste de film à voir en priorité ! Ne serait-ce que pour voir la performance d'Helena Bonham-Carter que j'apprécie beaucoup et la scène de la
main (j'espère qu'elle est retranscrite).J'espère qu'il me plaira et m'éclairera un peu plus sur le livre 



Utopiste 03/04/2012 14:16


Selon la "légende" Palahniuk aurait écrit ce roman en trois jours ...
 ce qui expliquerait pourquoi il est tant décousu. Mais c'est le fond qu'il faut retenir, les idées explorer, la philosophie qui s'en dégage. Le roman n'est qu'un brouillon, une ébauche
d'idées mises en scène avec des personnages fictifs. Ce que Flincher a réussi à démêler et en faire un chef-d'oeuvre.  


Même si on peut déplorer que certaines scènes (violentes,
malsaines,traumatisantes) ne soient pas présentes dans le film. Qui aurait pu donner une atmosphère un peu plus sombre et non conformiste, quasiment absente de toute morale. Mais il fallait tout
de même que le film soit tout public, que les personnages soient un minimum attachant, que Tyler soit une figure charismatique, prônant le nihilisme avec raison et lucidité, mais espérant
paradoxalement un ordre nouveau, dans sa condition d'humain et de rêveur.  


 

Mivava 05/04/2012 19:15



Oui j'avoue que j'ai hâte de démêler tout ça ... Ce que tu m'en dis me donne en tout cas encore plus envie d'aller voir le film ! J'aime beaucoup la vision de Fincher, belle esthétique et pas
trop aseptisé. Vu ce que tu m'en dis j'espère que son adaptation de Fight club ne sera pas gentillette mais c'est sur qu'il fallait réhumaniser un peu les personnages aussi. Merci d'être
passé